SchoolAI, la plateforme IA américaine pour la classe : des espaces d'apprentissage, un suivi élève par élève, et la vraie question des données RGPD.
SchoolAI est une plateforme en ligne, éditée aux États-Unis, qui met une IA au service de la classe. Concrètement, le professeur crée des « Spaces » (des espaces d'activité où l'élève dialogue avec une IA que l'enseignant a cadrée à l'avance : le sujet, le ton, ce que l'IA a le droit de dire ou pas), puis suit dans un tableau de bord, appelé Mission Control, qui avance et qui bloque, élève par élève et en direct.
L'idée centrale tient dans leur slogan : « vois comment va chaque élève, sache quoi faire ensuite ». Là où un chatbot grand public répond à tout le monde de la même façon, SchoolAI cherche à donner au professeur une vue d'ensemble : quel élève a compris, lequel s'est arrêté, sur quoi. La plateforme propose aussi des PowerUps (de petites applications IA pour créer une activité, générer un exercice, préparer un support) et plus de 200 000 ressources prêtes à l'emploi.
Pour un enseignant, du primaire au lycée, qui veut faire travailler ses élèves avec une IA sans les lâcher sur ChatGPT en accès libre : ici, c'est le professeur qui définit le périmètre de chaque activité et qui garde un œil sur ce qui se passe. C'est aussi un outil pensé pour les chefs d'établissement, avec une administration centralisée. En l'état, l'interface est en anglais.
D'après la page tarifs officielle, il existe un compte gratuit pour les enseignants, mais limité : la page mentionne 5 lancements d'espaces par an, l'accès aux outils de base et à la bibliothèque de ressources. Les formules supérieures (Pro, puis Scale) débloquent les espaces illimités, l'intégration aux ENT/LMS, les portails élèves et les analyses détaillées, mais les prix précis ne sont pas affichés : il faut passer par une demande de devis. Autrement dit, la version vraiment utile au quotidien n'est pas la version gratuite.
Annoncée comme rapide : on crée un premier espace « en quelques minutes ». La logique (un espace = une activité cadrée) est simple à saisir. Le frein réel pour un prof français, ce n'est pas la difficulté technique, c'est l'anglais et l'absence de repères sur nos programmes.
Je n'ai pas testé SchoolAI avec de vraies classes, donc pas de note chiffrée. Et surtout, un point reste à vérifier avant tout usage en France : le site met en avant des conformités américaines (FERPA, COPPA, SOC 2) mais ne mentionne pas le RGPD, ni d'hébergement en Europe, ni de version française. Or SchoolAI traite des échanges d'élèves, parfois mineurs. Tant que ces garanties ne sont pas clairement établies, faire saisir à des élèves nommés leurs réponses dans un outil hébergé hors UE n'est pas anodin.
L'intérêt de SchoolAI n'est pas « encore une IA », c'est le tableau de bord : voir qui a décroché pendant l'activité, au lieu de le découvrir à la copie. Si tu cherches à faire travailler tes élèves avec une IA sans ouvrir la porte à tout et n'importe quoi, l'approche mérite un coup d'œil. Mais avant d'y mettre le nom et les productions de tes élèves, pose-toi la question des données : un outil qui ne parle que de conformité américaine te laisse, toi, responsable de ce que tu y déposes. Le plus prudent est de le tester d'abord sans données personnelles, avec un compte à toi, sur une activité anonyme, et d'attendre des garanties RGPD écrites avant d'aller plus loin. Si ton établissement a un délégué à la protection des données, c'est exactement le genre d'outil à lui soumettre avant de le déployer.