Le CIANum publie 11 recommandations pour sortir l'IA « de la clandestinité » à l'école : référent IA par établissement, oral obligatoire dès la 4e, financement encore à trancher.
Le Conseil de l'intelligence artificielle et du numérique (CIANum), qui a succédé au Conseil national du numérique, a publié en juin 2026 un rapport de 308 pages intitulé « Sortir de la clandestinité : mettre l'IA au service d'une nouvelle ambition pour le système éducatif ». Le titre résume le diagnostic du Conseil : l'IA générative est déjà massivement utilisée par les élèves et par une bonne partie du corps enseignant, mais cet usage reste largement informel, non documenté et peu encadré par les établissements eux-mêmes.
Le rapport formule onze recommandations concrètes. Parmi les plus structurantes : la mise en place d'un programme national de formation des enseignants à et avec l'IA ; l'introduction, dès la rentrée 2026, d'au moins une épreuve orale obligatoire par matière de la 4e au lycée (hors baccalauréat) ; la désignation d'« enseignants référents IA », sur le modèle des actuels référents numériques, à raison d'un ou deux par établissement — soit 12 000 à 15 000 professeurs concernés à l'échelle nationale ; et la création d'un label national pour privilégier les outils IA « socratiques », qui guident l'élève par le questionnement plutôt que de lui fournir directement la réponse.
Le CIANum s'inquiète aussi du financement : selon lui, la répartition actuelle des coûts (l'État finance les contenus et services numériques nationaux, les collectivités les équipements, les établissements le reste) crée une situation « autobloquante », chacun renvoyant la responsabilité budgétaire vers l'autre. Le rapport appelle à une conférence nationale de financement avant la fin de l'année 2026, réunissant l'État, les régions, les départements et l'Association des maires de France. Une seconde conférence, dite « de consensus », devra définir avant fin 2026 un niveau d'exposition des enfants à l'IA jugé acceptable selon leur âge — signe que le sujet dépasse la seule question pédagogique et touche aussi à la santé et au développement cognitif des élèves.
Ce rapport s'inscrit dans un contexte où le gouvernement a par ailleurs annoncé, lors de VivaTech en juin 2026, une heure hebdomadaire d'enseignement de l'IA en classe de seconde à partir de la rentrée 2027 — une mesure saluée mais jugée insuffisante et mal préparée par la Société informatique de France, qui pointe la pénurie d'enseignants d'informatique qualifiés.
Si ces recommandations sont suivies, deux mesures pourraient changer concrètement ton quotidien dès la rentrée 2026. La première est l'obligation d'une épreuve orale dans chaque matière : quelle que soit ta discipline, cela veut dire un temps d'évaluation à caser dans une progression déjà pleine, et des critères d'oral à construire là où beaucoup n'en ont pas encore. La seconde est la création d'un référent IA par établissement : s'il existe dans le tien, il devient l'interlocuteur à qui poser tes questions d'usage et de conformité plutôt que de chercher seul, et c'est une mission à envisager si le numérique t'intéresse. À suivre aussi : un cadre national sur les outils IA « socratiques » orienterait les outils recommandés dans ton académie, donc ceux que tu pourras utiliser sans avoir à les justifier.