Une circulaire prépare l'interdiction du téléphone portable et des objets connectés au lycée dès la rentrée 2026

Une circulaire prépare l'interdiction du téléphone et des objets connectés au lycée dès la rentrée 2026. Ce que vise le texte, son calendrier, et ce qui reste entre les mains de ton établissement.

Depuis 2018, la loi interdit déjà l'usage du téléphone à l'école et au collège, et le dispositif « portable en pause » s'est généralisé dans les collèges publics en 2025-2026. Le lycée, lui, restait une zone grise : chaque établissement fixait sa propre règle dans son règlement intérieur, avec des résultats très inégaux d'un lycée à l'autre. Ça change avec la circulaire n° MENE2617958C, publiée au Bulletin officiel n° 27 du 2 juillet 2026, qui étend explicitement l'interdiction d'usage au lycée, dans la continuité d'une précédente circulaire du 10 juillet 2025 sur le « numérique raisonné » à l'École. Elle fait suite à une annonce d'Emmanuel Macron, confirmée en juin 2026 par le ministre Édouard Geffray.

Le texte est précis sur ce qu'il vise vraiment : ce n'est pas l'objet qu'on interdit d'apporter, c'est son usage. Un lycéen pourra toujours avoir son téléphone sur lui, il ne pourra simplement plus s'en servir dans l'enceinte du lycée. Et ça dépasse le smartphone : tous les « objets connectés » sont concernés, le critère décisif étant la capacité à se connecter à un réseau. Une montre connectée qui envoie des messages tombe sous le coup de l'interdiction, une montre à aiguilles non ; des écouteurs sans fil reliés à un appareil émetteur, une console portable wifi ou un lecteur audio connecté aussi. Des dérogations resteront possibles, notamment pour motif médical. Côté établissement, la règle ne pourra entrer dans le règlement intérieur qu'après dialogue avec la communauté éducative, avec consultation obligatoire du conseil de vie lycéenne avant le vote en conseil d'administration. Un vademecum accompagne la circulaire pour aider les chefs d'établissement à mener cette concertation.

Pour comprendre le calendrier, un point compte : une proposition de loi allant dans le même sens a déjà été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale et au Sénat, mais elle attend toujours sa deuxième lecture. La circulaire, elle, est construite pour s'appliquer dès la rentrée 2026 même si la loi n'est pas votée à temps : à défaut de base légale nationale, le principe figurera simplement dans les règlements intérieurs locaux. Le Café pédagogique résume ça d'une formule : un « BO avant la loi ».

La mesure ne fait pas consensus. Le Snes-FSU réclame une vraie évaluation de ce qui se passe déjà au collège, jugé très inégal, avant d'étendre le dispositif au lycée. SUNDEP Solidaires y voit surtout un calendrier précipité, plus proche de la communication politique que d'une réflexion pédagogique aboutie, et pointe l'absence de moyens humains ou matériels pour la mettre en œuvre. L'UNSA Éducation, elle, juge le texte mal calibré face au vrai problème : l'usage excessif et mal encadré du smartphone chez les élèves, un problème qui dépasse largement le cadre scolaire.

Pourquoi ça te concerne

Si tu enseignes en lycée, cette règle jusqu'ici réservée au collège devient bientôt la tienne à faire respecter au quotidien, sans garantie de base légale si la loi n'aboutit pas avant septembre, et sans moyen supplémentaire annoncé. Les détails concrets, les sanctions, les modalités de rangement des téléphones, la gestion des exceptions médicales, sont renvoyés à l'échelon local : ton conseil d'administration et le CVL devront trancher tout ça avant la rentrée. Si ce n'est pas encore à l'ordre du jour chez toi, c'est le moment de le glisser dedans.