Trois semaines après la cyberattaque du 31 juillet, Toulouse et Nantes restent perturbées à la rentrée. Voici ce qu'on sait, et ce qui reste flou.
Le 31 juillet 2026, une cyberattaque frappe les systèmes informatiques du ministère de l'Éducation nationale. À la mi-août, des pirates affirment avoir récupéré des données personnelles concernant plusieurs dizaines de milliers d'agents et d'élèves. Une semaine avant la rentrée, l'académie de Toulouse se retrouve avec tous ses systèmes bloqués : messageries coupées, applications inaccessibles, emplois du temps qui peinent à se finaliser. France 3 Occitanie parle d'une situation « chaotique », des parents sans informations, une rentrée menacée. Nantes est touchée aussi, avec de nombreux signalements de dysfonctionnement sur les outils numériques du ministère.
Pour rétablir la situation, les équipes des rectorats concernés se sont mobilisées avec l'appui de l'Anssi, l'agence nationale de sécurité des systèmes d'information, qui a mené un audit complet. Le ministre a indiqué que la plupart des services avaient été rétablis, ou étaient en passe de l'être, au fil de la semaine précédant la rentrée. Sauf un.
Le 25 août 2026, trois semaines après l'attaque, une réunion ministérielle fait le point avec les organisations syndicales. D'après le compte rendu qu'en publie le SNALC, deux académies restent concernées. Nantes, où la situation est « en voie de résolution ». Et Toulouse, en fonctionnement dégradé, pour laquelle le ministère annonce qu'il faudra encore « au minimum une quinzaine de jours pour retrouver un fonctionnement normal ». Des travaux sont en cours pour restaurer l'accès à l'application ONDE dans le premier degré, et pour définir des modalités de communication de repli dans le second degré. Le ministère dit aussi vouloir garantir que la paie des personnels, notamment celle des AED, soit versée « en temps et en heure », tout en reconnaissant qu'un retard d'un jour reste possible pour certains agents.
Un point reste en suspens, et le SNALC le met en avant dans ce compte rendu : l'information individuelle des personnels. Le syndicat demande que chaque agent concerné sache précisément quelles données le concernant ont été exposées, et où. Pour l'instant, cette réponse n'est pas venue.
Si tu exerces à Toulouse ou à Nantes, certains outils numériques, messagerie professionnelle, accès à certaines applications, peuvent encore être perturbés à la rentrée. Mieux vaut le savoir avant de t'appuyer dessus pour préparer tes premiers cours ou communiquer avec tes classes. Si tu es ailleurs, la question du SNALC te concerne quand même : à ce stade, rien ne garantit que tu seras informé si des données te concernant ont été exposées, quelle que soit ton académie. Dans les semaines qui viennent, méfie-toi des messages qui te demanderaient de « vérifier tes identifiants » ou de « confirmer tes données » après une cyberattaque de cette ampleur. C'est un scénario classique d'hameçonnage : la bonne vérification, c'est d'appeler directement ton établissement ou ton rectorat, jamais de cliquer sur un lien reçu par mail. Et si tu es AED, ou dans une situation où un retard de paie pèse vite, garde un œil sur ton prochain bulletin de salaire : le ministère lui-même n'exclut pas quelques jours de décalage.