Ouverte jusqu'au 23 octobre sur la plateforme Agora, la consultation nationale lycéenne place les rythmes scolaires loin devant, téléphone portable compris.
Depuis le 5 octobre et jusqu'au 23 octobre 2026, le ministère de l'Éducation nationale ouvre sur Agora (agora.gouv.fr, la plateforme numérique que l'État utilise pour recueillir l'avis des citoyens sur une politique publique) une consultation intitulée « Lycéennes, lycéens : vous avez la parole ». Deux questions ouvertes, réponses anonymes, accessible à tous les lycéens de France. Elle s'inscrit dans une lettre du Premier ministre datée du 4 octobre, qui fixe cinq chantiers pour répondre aux difficultés remontées par les conseils académiques de la vie lycéenne. Une restitution nationale est annoncée pour fin octobre, avec une synthèse attendue le 31.
Une semaine après l'ouverture, plus de 76 000 contributions avaient déjà été déposées, chiffre communiqué le 11 octobre par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Une première synthèse intermédiaire, relayée par la presse (le ministère n'a pas encore publié de document complet au moment où j'écris ces lignes), place les rythmes scolaires largement en tête avec 71 % des contributions qui abordent le sujet, loin devant l'état des bâtiments scolaires (51 %), le remplacement des professeurs absents (28,5 %), les effectifs par classe (24 %), la pédagogie et les examens (15,9 %), Parcoursup et l'orientation (14,5 %), et la santé mentale (plus de 12 %). Sur les rythmes, les lycéens interrogés citent des journées jugées trop longues et des emplois du temps déséquilibrés.
Le téléphone portable revient aussi parmi les sujets récurrents, sans pourcentage précis communiqué pour l'instant. Une partie des répondants réclame un assouplissement de l'interdiction en vigueur depuis le 1er septembre 2026, dont on avait déjà documenté ici l'absence de mode d'emploi commun d'un établissement à l'autre. Cette remontée confirme, un mois et demi plus tard, que l'application de la règle reste perçue comme inégale sur le terrain.
Deux mobilisations lycéennes étaient prévues les 13 et 17 octobre, signe que la consultation ne désamorce pas entièrement la contestation en cours. Les chiffres cités ici viennent d'une synthèse intermédiaire relayée par la presse, pas d'un rapport ministériel publié : la restitution officielle de fin octobre pourra les affiner, voire les nuancer.
Si tu enseignes au lycée, la restitution nationale de fin octobre, et les cinq chantiers censés en découler, peuvent déboucher dans les prochains mois sur des ajustements d'emploi du temps ou des précisions sur l'usage du téléphone en classe : ça vaut le coup d'y revenir en novembre. La consultation donne aussi un aperçu direct de ce que vivent tes élèves, sans filtre d'adulte entre eux et le sujet, de quoi nourrir une heure de vie de classe ou mieux comprendre ce qui remonte en conseil. Si tu enseignes en collège, le dispositif ne te concerne pas directement puisqu'il est réservé aux lycéens, mais le sujet des rythmes scolaires, massivement en tête, dépasse le seul lycée et pourrait peser sur des arbitrages plus larges. Elle reste ouverte jusqu'au 23 octobre : si tu veux que tes lycéens y répondent avant la clôture, c'est une question de jours.